19980801 Commémoration du centenaire de la mort de Martin Nadaud

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Publication : samedi 1 août 1998 10:00
Écrit par Georges Delangle
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20090802 103258 P1020361Commémoration du centenaire de la mort de Martin NADAUD à Soubrebost et à Paris

COMMEMORATIONS DU CENTENAIRE DE LA MORT DE MARTIN NADAUD

le samedi 1er août 1998 à SOUBREBOST

Malgré un temps incertain et parfois pluvieux, près de trois cents personnes s’étaient rendues le samedi 1er août 1998 à Soubrebost à l’occasion de la célébration du centenaire de la mort de Martin NADAUD. Organisée par la commune de Soubrebost et par l’association « Les Amis de Martin NADAUD », cette cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités du département, notamment Henry Féral, préfet de la Creuse, Michel Moreigne, sénateur, et Jean-Jacques Lozach, vice-président du Conseil régional du Limousin. Bien modestement et par le fait du hasard, j’ai représenté notre association.

Après un rassemblement devant la mairie à neuf heures, un long cortège se rendait au cimetière situé au sommet du bourg, sur la route de la Martinèche et Pontarion. Une gerbe fut déposée sur la tombe de l’illustre Creusois, puis l’assistance observa une minute de recueillement.

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En direction du cimetière

Roger Chezeaud, maire de Soubrebost, inaugura ensuite la rue Martin NADAUD et les participants se retrouvèrent devant la mairie, où trois discours, complémentaires, furent prononcés. Roger Chezeaud, Michel Moreigne et Henry Féral évoquèrent la vie de Martin NADAUD à la Martinèche, son itinéraire politique, son combat pour améliorer le sort de la classe ouvrière, son attachement aux institutions républicaines, sans oublier ses qualités d’honnête homme qui sont dignes d’admiration. Le préfet annonça qu’il avait obtenu l’accord d’un certain nombre de partenaires pour acquérir les deux maisons de la Martinèche, qui appartiennent à l’arrière-petite-fille de Martin NADAUD, en vue de les transformer en musée.

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Discours de Roger Chezeaud

Tout le monde se rendit ensuite au rez-de-chaussée de la mairie pour visiter l’exposition « Martin NADAUD témoin du siècle », réalisée par « Les Amis de Martin NADAUD » avec l’aide des Archives départementales, de différentes bibliothèques, et d’un certain nombre de particuliers qui avaient bien voulu prêter des documents. Vingt-cinq panneaux et plusieurs vitrines retraçaient la vie et la carrière de Martin NADAUD, les différents aspects de son œuvre et son implication dans la vie politique et sociale de son époque. Des documents originaux et des lettres manuscrites permettaient aux visiteurs de se plonger dans l’atmosphère du dix-neuvième siècle. Ils pouvaient aussi admirer la réplique en miniature de la très belle statue en bronze de Martin NADAUD, montée sur un grand socle en granit, qui avait été érigée en 1902 à Bourganeuf, place du Palais de Justice. Elle fut malheureusement réquisitionnée par les Allemands en 1942. Elle était l’œuvre de Madame Quinquaud, sculpteur. Son arrière-petite-fille, Madame Noëlle Benet, de Lafat, qui possède la réduction, l’avait obligeamment prêtée aux organisateurs de l’exposition. Monsieur Roger Dutheil, de Bourganeuf, l’avait remarquablement mise en valeur en la replaçant dans son cadre de l’époque. Après Soubrebost, l’exposition fut présentée à Bourganeuf.

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Statue de Martin Nadaud

Après ces cérémonies qui incitaient à la réflexion et au recueillement, un vin d’honneur et un repas officiel servi sous un chapiteau apportèrent une atmosphère de détente et de convivialité.

L’après-midi, Daniel Dayen, historien d’origine creusoise, et Maurice Agulhon, professeur au Collège de France, dédicacèrent leurs travaux : « Martin NADAUD, ouvrier maçon et député (1815 – 1898) », écrit par Daniel Dayen et les « Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon » de Martin NADAUD, réédition établie et remarquablement annotée par Maurice Agulhon. Ces ouvrages ont été récemment édités par Lucien Souny.

En fin d’après-midi, deux cents personnes assistèrent à un débat entre les deux historiens. Il était animé par Ivan Levaï, qui a séjourné à Soubrebost durant son enfance. Les conférenciers abordèrent différents thèmes parmi lesquels l’évolution politique de Martin NADAUD, son idéal républicain, sa place dans l’histoire du mouvement ouvrier, ses idées sur l’urbanisme, sa franc-maçonnerie, les causes de son oubli par les républiques… Ils répondirent également aux questions des auditeurs.

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Débat  (de gauche à droite : D. Dayen – I. Levaï – M. Agulhon)

A PARIS

Une autre exposition « Martin NADAUD (1815 – 1898) Député, maçon de la Creuse » a été présentée dans une galerie de l’Assemblée nationale. Organisée par l’association « Les maçons de la Creuse » (Lycée des métiers du bâtiment de Felletin) et placée sous le patronage de Monsieur Laurent Fabius, président de l’Assemblée nationale, et des questeurs elle a été inaugurée le 17 novembre. Hommage à l’un des leurs qui fut à la fois député et questeur de la Chambre, fonction importante qu’il exerça de 1882 à 1889 (il était d’ailleurs logé au Palais Bourbon).

A 12 heures 30, une foule nombreuse se pressait dans la galerie située au sous-sol du 101, rue de l’Université. Vingt-huit panneaux présentaient des extraits des « Mémoires de Léonard », commentés et illustrés, qui retraçaient la vie de Martin NADAUD et des maçons creusois.

Des dizaines d’outils, utilisés par les différentes corporations du bâtiment, étaient exposés dans des vitrines et c’est ainsi que l’on pouvait découvrir des noms inconnus de la plupart des visiteurs, tels le rabotin, le rifloir, la gradine, la sciotte, le marteau taille-chien, la boucharde…

Laurent Fabius inaugura la réunion. Dans son allocution, il souligna le rôle de Martin NADAUD en tant que défenseur de la classe ouvrière et insista particulièrement sur sa proposition de loi sur les accidents du travail, déposée en 1880, mais qui ne fut votée que 18 ans plus tard.

Michel Vergnier, député de la Creuse, s’attacha ensuite à montrer sa notoriété politique et son attachement à l’idéal démocratique républicain.

En fin Roland Nicoux, président des « Maçons de la Creuse » retraça l’histoire de la migration des ouvriers du bâtiment creusois depuis la fin du Moyen Age, leurs conditions de vie, et, au siècle dernier, leur participation aux luttes politiques et sociales.

Il est dommage que l’exposition sur Martin NADAUD le bâtisseur ait été installée dans un sous-sol, mais, comme le disait Roland Nicoux, quand on obtient une exposition à l’Assemblée nationale, on ne peut être exigeant ni sur la date, ni sur le lieu !

L’exposition a été présentée dans certaines communes de la Creuse, ainsi qu’à la mairie du 20e arrondissement de Paris. Martin NADAUD avait été élu conseiller municipal de cet arrondissement en 1872 (quartier du Père Lachaise) et pendant cinq ans il fit preuve d’une grande activité.

Georges Delangle

L’HOMMAGE DU POETE

André Dugay, de Saint-Dizier-Leyrenne, a rendu à sa façon hommage à Martin NADAUD et aux maçons de la Creuse en leur dédiant un poème diffusé à Soubrebost et dans les journaux régionaux.

G.D.